LE "NKOMA "
I - DEFINITION ET ORIGINE
« Le Nkoma » est une fête agraire célébrée tous les 3 ans à OUANI .
Ce mot vient d’un autre mot comorien « KOMA » qui signifie : noix de coco dont l’amande n’est pas encore formée.
En effet, dans cette fête, on utilise ces « komas » en guise de balles pour jouer. D’où le nom NKOMA.
Selon la tradition orale, il s’agirait d’un contrat signé entre d’une part les djinns, les premiers habitants de Ouani ( à l’époque, la ville s’appelait BASRA) et d’autre part Mwé BEJA TRANDRI et Mwé COMBO SELE, représentant les humains, pour permettre une bonne cohabitation des deux « communautés ».
Depuis l’arrivée de ces deux hommes et leurs familles à BASRA leurs femmes mettaient au monde des objets, morts nés, handicapés…. Après avoir consulté le moilim (le sorcier), ils apprirent, en fait qu’ils venaient de s’installer dans un domaine appartenant aux djinns sans leur autorisation.
Ainsi, un contrat fut signé : les djinns acceptèrent l’installation de ces familles à BASRA. En contrepartie, ceux-ci s’engagèrent à organiser tous les trois ans cette fête afin de permettre les « deux communautés » de danser et manger ensemble dans la joie.
Il importe de souligner que tous les comoriens peuvent participer à cette fête dirigée aujourd’hui par les familles BEJANI et COMBONI. Toutefois, elle ne peut s’organiser que dans la ville de OUANI.
II - ORGANISATION DU NKOMA
1) LES PREPARATIFS
A quelques semaines de la fête
les responsables de son organisation, après avoir réuni le matériel et les ingrédients indispensables ( bœufs, riz, bétel, balles…) consultent les chefs des Djinns pour arrêter ensemble la date.
Le jour « J ».
Très tôt, tout le monde (femmes, hommes, vieux, enfants…) se dirige vers HADAWO, un endroit très éloigné du centre ville au bord de la mer, où tout se passe, pour nettoyer et tout mettre en place.
Dès que tout est prêt, on débute par le « shidjabu ».
2) LE SHIDJABU
Tous les enfants présents sont regroupés assis sur des nattes. Un voile est étendu aux dessus de leur tête par les adultes lesquels lisent des versets du coran tout en lançant des grains de riz.Cette prière consiste à protéger tous les enfants.
Une fois, le « shidjabu » achevé on passe au « shimambi »
3) LE SHIMAMBI
Il consiste, en fait, à apporter certains morceaux de la viande, les os, des cailloux, balles… pour les jeter à la mer à un endroit bien défini. C’est une sorte d’offrande qui a lieu avant la danse, le jeu de « komas »et le festin lesquels se déroulent d’une manière alternative.
4) LE MDADRA
Tous les hommes, femmes, et enfants se mettent à danser en se tenant la main et en tapant les pieds au sol. Ils effectuent des tours en chantant pendant toute une partie de la journée.
5) LE JEU DE « KOMAS » ET LE FESTIN
Le jeu de « KOMAS » occupe une place considérable dans le déroulement du NKOMA.
Il consiste à lancer un « koma » en guise de balle . Tout le monde se met en compétition pour l’attraper. C’est l’occasion pour chaque participant de faire preuve de sa force.
Mais, c’est aussi le moment le plus dangereux de la journée où beaucoup de gens se blessent.
Le jeu ressemble un peu au rugby. Toutefois, il n’y a pas d’équipes. Chacun joue pour soi. Il s’achève dès la disparition du « koma ». On considère en effet que les djinns l’ont pris pour mettre fin au NKOMA.
Par ailleurs, à l’occasion de cette fête, tout le monde mange en petits groupes le riz et la viande bouillie non salée y compris les djinns invisibles par nature et les personnes en transes.
Ce qu’il faut, enfin, noter est que des choses incroyables se produisent. On peut citer par exemple les vieilles dames en transes grimpant aux arbres et courant avec les jeunes. Pourtant en temps normal, elles sont incapables de faire même un pas.
VISITE DE OUANI LEXIQUE